Présentation par Sébastien CÔTÉ

Depuis quelques années, on remarque dans les sciences humaines la place de plus en plus importante occupée par l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité. Puisque les multiples réflexions soulevées par l’approche traductologique des études littéraires ne sont pas confinées aux départements de traduction des universités, il ne faut pas s’étonner de retrouver dans une revue de littérature comparée comme Post-Scriptum.ORG un titre aussi ambitieux que « Traduction : médiation, manipulation, pouvoir ».

Les onze articles qui composent, pour l’instant, le présent numéro montrent bien les multiples facettes de l’analyse traductologique, qui ne consiste pas seulement à dire qu’un traducteur n’a pas employé le bon adjectif ni le temps verbal approprié à telle ou telle occasion. En fait, il s’agit aussi (et surtout) de décrire les implications sémantiques et idéologiques de ce genre d’altération, de déterminer l’effet de cette traduction sur la réception d’une oeuvre tant sur le plan synchronique que diachronique, etc. À vrai dire, je crois que nous avons réuni ici un échantillon fort représentatif des recherches et questionnements présentement en cours.

Au moment où je commençais à préparer « Traduction : médiation, manipulation, pouvoir », je suis entré en contact avec Claudine Hubert, étudiante à la maîtrise en traductologie de l’Université de Concordia (Montréal) et codirectrice de ce numéro, qui organisait simultanément le colloque intitulé Odyssée de la traductologie/Voyages in Translation Studies (21 mars 2003, Bibliothèque Nationale du Québec). Comme cette journée animée par des étudiant(e)s de 2e cycle fut couronnée par une remise de prix soulignant les trois meilleures communications (Janine Hopkinson, Murielle Chan-Chu et Mustapha Ettobi), le comité de rédaction a jugé primordial d’en faire paraître ici la version écrite. Je profite de l’occasion pour remercier Claudine Hubert pour sa précieuse collaboration et sa capacité de travailler sous pression.

En plus de cette première expérience interuniversitaire, Post-Scriptum.ORG peut également compter sur la présence de nouveaux collaborateurs (professeurs, chercheurs ou étudiants des cycles supérieurs), tant du Canada que de l’étranger. Parmi eux, notons la présence de Judith Lavoie, professeure à l’Université de Montréal et lauréate du Prix du Gouverneur Général du Canada 2002 dans la catégorie « Essais » pour Mark Twain et la parole noire, Daniela Hurezanu, auteure de l’essai Maurice Blanchot et la fin du mythe, traductrice et maître de conférence en français à l’Arizona State University, Hafida Messaoudi, professeure à l’École Normale Supérieure de Martil (Maroc), Aurelia Klimkiewicz, chercheuse postdoctorale au sein du groupe de recherche « Le Soi et l’Autre » (UQAM) et Sathya Rao, affilié au Département de philosophie et au Centre de Recherche et d’Études sur la Traduction (CERT) de l’Université Parix X-Nanterre.

En espérant que le contenu de ce numéro saura satisfaire les exigences les plus élevées, je souhaite à tous et à toutes une lecture des plus stimulantes !