Parution n° 19

Montréal comparatiste

novembre 2015

Présentation des actes de colloque

Laurence Sylvain (Université de Montréal)
Marie-Eve Bradette (Université de Montréal)

Alors qu’il y a déjà un peu plus de deux ans l’équipe de Post-Scriptum se (re)formait, avec le désir ferme de relancer cette revue étudiante, la tâche semblait énorme… Pourtant nous voici aujourd’hui, suite à l’ouverture de la première journée du second colloque annuel de Post-Scriptum, à présenter les actes de ce colloque. Les journées de communications comme la mise par écrit de ces dernières se constituent comme des espaces que nous voulions avant tout être lieu de dialogue entre les étudiants et étudiantes, mais aussi entre les étudiants et les professeurs. Ancrer un tel projet dans la vie départementale nous semblait extrêmement important, dès lors que se manifeste la difficulté de lire activement nos collègues et même, d’entrer en contact avec eux dans un cadre autre que celui des cours et séminaires. Offrir donc la possibilité pour les étudiants et étudiantes de se lire mutuellement, ouvrir un espace où le dialogue s’élargit et participer, activement, à la vie intellectuelle universitaire autrement que comme simples auditeurs. Certes, la tâche demeure grande, mais nous avons l’espoir que le colloque Montréal Comparatiste : Tradition vivante fut un signe que le projet que nous nous sommes lancés, pour utiliser une expression ordinaire, porte ses fruits, que le rythme a été lancé.

Ce numéro que nous vous présentons contient les articles d’étudiants et étudiantes, mais aussi de professeurs de l’Université de Montréal comme d’ailleurs, autre signe, croyons-nous, que le dialogue s’enclenche bel et bien.

Alors qu’il devenait de plus en plus pressant pour nous d’établir un projet de colloque, de penser un projet de réflexion commune, le département de littérature comparée fêtait son 25e anniversaire et presque au même moment était annoncée son imminente fusion. Avec la concordance quasi simultanée de ces trois « moments », si nous pouvons les nommer ainsi, voilà que se présentait en quelque sorte à nous un projet de colloque qui non seulement nous apparaissait extrêmement important, mais aussi, urgent. La problématique de ce colloque est donc née d’un besoin, c’est-à-dire de la conviction que dans ce contexte, il devenait crucial de souligner l’héritage du département de littérature comparée et que ce soit les étudiants et étudiantes du département qui débutent cette tâche, eux, et nous certes, qui sommes les dépositaires de cet héritage, sans toutefois nécessairement bien le connaître ou le comprendre. Prendre sur nous la tâche ardue de souligner l’apport de la littérature comparée à la vie intellectuelle universitaire montréalaise.

Tel que l’annonçait l’appel à propositions du colloque, il ne s’agit pas seulement de réfléchir à propos de la tradition intellectuelle du département, de réfléchir à propos des penseurs qui l’ont fait naître, qui y ont participé, depuis la fin des années 1970 à aujourd’hui. Il s’agit aussi d’y réfléchir afin de nous y tailler une place, de nous y situer, tenter de comprendre en quoi nous sommes aussi, étudiants et étudiantes, participants actifs de cette tradition. (Re)penser cette tradition en opérant un retour en arrière afin de mieux penser son avenir, sous l’approche du changement à venir. Désir aussi, de notre part, de continuer nous-mêmes à participer à cette tradition, mais surtout, de la voir perdurer. Qu’un tel changement marque, d’une manière ou d’une autre, la littérature comparée telle qu’elle se pratique à Montréal est sans doute inévitable. Nous n’avons pas la prétention de prédire ce qui suivra ce changement ni de lui attribuer dès maintenant une valeur que nous ne sommes en aucun cas en mesure de connaître actuellement. Mais nous pressentons que ce changement est un moment opportun pour que nous, étudiants et étudiantes, réfléchissions à l’avenir de la littérature comparée montréalaise. En tant que tributaires de cette tradition, c’est à nous aujourd’hui de penser son devenir.