Corps médial et géographicité : Le deuil chez Mario Rigoni Stern

Emira GHERIB (Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis)

Résumé

Auteur contemporain italien, Mario Rigoni Stern a écrit la perte. Toute forme de perte. L’écriture rigonienne rappelle que l’homme est soudé au cosmos, et s’imprime dans un registre de valeurs sociales, mémorielles et symboliques. De fait, nous nous sommes penchée sur une relation d’ordre phénoménologique existant entre l’Homme et la Terre en nous inspirant de théories empruntées à des géographes comme Éric Dardel, qui ont dénoncé un oubli de l’originaire et se sont intéressés à une forme d’humanisation de l’environnement. L’écriture de Rigoni Stern semble proposer une illustration parfaite de certaines visions que ces géographes développent et notamment pour ce qui est du rapport avec la mort et le deuil. Le deuil est alors sans fin car la mort fait partie de la vie, il ne se « travaille » pas, il se « vit ».

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Abstract

Mario Rigoni Stern, a contemporary Italian author, writes about loss, all forms of loss. The Rigonian style of writing reminds one that human beings are bound to the cosmos and are engraved in a register of social values, memorial and symbolic. This paper examines the relation of a phenomenological order which exists between Man and Earth by way of theories of geographers, like Éric Dardel, who are critical of a loss of ties with an origin and have been interested with a form of humanization of the environment. The writing of Rigoni Stern seems to propose a perfect illustration of certain visions which they develop, namely in regards to the relation between death and mourning. Mourning is thus without an end because death is part of life; therefore, mourning cannot be “worked through,” it must be lived.