Spectralité et deuils sans fin dans Le Pays et Tom est mort de Marie DarrieussecqCarine FRÉVILLE (Université Paris VIII)Résumé Chez Marie Darrieussecq, la fiction se fait espace de réflexion et de déplacement des hantises et traumatismes face au décès de son frère. Ses œuvres sont profondément empreintes de perte et d’absence. Il n’est pas tant question d’un travail du deuil vécu comme réparation mais bien plutôt d’une possibilité de survivance au travers de manifestations spectrales introduisant un trouble des frontières entre vie et mort, présence et absence, qui donnent bien à voir une impossibilité de fin dans le deuil, impossibilité si fortement exposée dans les œuvres de Marie Darrieussecq. C’est dans cette optique que la spectralité et les deuils sans fin seront analysés dans les deux derniers romans en date de Marie Darrieussecq que sont Le Pays et Tom est mort. Abstract For Marie Darrieussecq fiction becomes a space for the thinking and displacement of fears and traumas in regards to her brother’s death. Her works are profoundly marked by loss and absence. It is not so much the question of mourning as reparation, but rather the possibility of survival through spectral manifestations that bring forth troubled boundaries between life and death, presence and absence, and that clearly show an impossible end to mourning omnipresent in Marie Darrieussecq’s works. It is from this perspective that spectrality and endless mourning will be analysed in the last two novels of Marie Darrieussecq, Le Pays and Tom est mort. |