Lettres et l’être du deuil chez Hélène CixousMaxime DECOUT (Université Lyon 2)Résumé Déchirée par la mort du père, l’œuvre d’Hélène Cixous est une œuvre où le deuil se constitue en principe vital de l’écriture. Les tombes sont alors des lieux problématiques qui s’évident en cénotaphes. Signifiants partiellement coupés de leur signifié, elles indiquent comment le récit du deuil doit être pensé : comme l’inscription d’une présence absentée, d’une présence qui ne pourra se réaliser que dans l’affirmation d’une absence. Aussi est-ce la voix qui semble fournir au récit les possibilités mêmes de cette trace singulière. L’être disparu s’inscrit alors dans la logique de la lettre, trace signifiante autant que situation d’énonciation où l’adresse et la voix guident le récit. Cette lettre se fait alors événement en soi, événement épistolaire comme événement linguistique où les deux versants du signe se clivent. Assurément, le livre trouve dans cette lettre sa faculté de recueillir la présence de la disparition, de naître à l’infini sans jamais se clore définitivement comme un tombeau. Abstract Because of the death of father, Helene Cixous’s fictions are books in which bereavment is a vital processus in writing. Graves are problematic places which become cenotaphes. They are signifiers partially disjoint from a signified and they embody a very important aspect of the narrative because they show a presence realised in the absence. Thus it is the voice in itself which allows this mark in the narrative, with the letters, characters as well as missives. Indeed these letters are the way in which the narrative opens itself to the polysemy and the address to the dead, so that the book cannot become a grave but remain a perpetual rebirth. |