I am the Lord of the Rings, I shall also be your lord; Pour une heuristique de la séduction dans le Seigneur des Anneaux de TolkienMirella VADEAN (Université Concordia)Résumé Dans sa destinée, la séduction se trouve associée au mal. Elle maîtrise l’univers symbolique, y compris celui du littéraire (Baudrillard). Afin de mieux comprendre l’impact de la séduction sur nos consciences, nous examinerons ses signes à partir d’exemples tirés du récit The Lord of the Rings de Tolkien. Ainsi, dans une perspective innovatrice mythologique et philosophique, nous questionnerons la séduction comme image globale. Un des problèmes qui gouverne ce récit est le mal qui est beau et qui assure le dépassement même de la séduction, vers la tentation. Notre enjeu ne consiste pas à identifier cette association ou cette conversion, mais bien à pointer les conditions dans lesquelles s’établit leur jugement (Nietzsche). Premièrement, nous examinerons les moyens de la séduction : un objet - l’anneau et un symbole du corps - l’œil. En dépit de leur forme circulaire (emblème de l’unité), ceux-ci ouvrent, à travers la séduction, vers l’éclatement : du symbole (mise ensemble) au diabole (éclatement). Trois exercices différents de séduction, celui de Sméagol/Gollum, de Boromir et de Frodo dévoileront une expérience intime, distincte chaque fois. Deuxièmement, nous analyserons l’importance du passage du mythique au social. La séduction montre que le mal n’est pas projeté hors du monde des humains, ce qui appelle à promouvoir des relations interculturelles. Le mérite du récit de Tolkien est d’évoquer, depuis une position fédératrice d’époques et de cultures que la fin de la séduction n’existe pas. Dans notre cas, un ancien modèle de séduction perdure dans son association avec le mal et le beau. Abstract Because of its destiny, seduction is associated with evil. It controls the symbolic universe, including literature (Baudrillard). To better understand the impact of seduction on our consciences, we will examine its signs from examples issued from the story The Lord of the Rings by Tolkien. Through an innovative mythological and philosophical approach, we question the seduction as a global image. One of the problems that govern this story is that evil is beautiful. This aspect ensures the passage of the seduction toward temptation. Our challenge is not to identify this association or conversion, but rather to point the conditions set for their trials (Nietzsche). First, we will examine the mediums of seduction: an object, the ring, and a body symbol, the eye. Despite their circular shape (emblem of unity), they lead through seduction to fracture: from symbol (the moment of union) to diabol (split). Three different exercises of seduction, the one of Sméagol/Gollum, of Boromir and the other of Frodo, reveal an unlikely intimate experience. Secondly, we will analyze the importance of the passage from mythical to social. Seduction shows that evil is not projected outside the human world, which calls for promoting intercultural relations. The value of Tolkien's story is significant. Placed within a federation of eras and cultures, it emphasises the fact that the End of seduction never occurs. Furthermore one can say that an ancient model of seduction persists through its association with evil and beauty. |