Allouma and Marroca, Uncensored...: Seduction and Temptation in Maupassant’s Vision of the OrientCéline BROSSILLON (Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle)Résumé Les nouvelles Allouma et Marocca de Guy de Maupassant évoquent la femme orientale rencontrée par un colon français en Algérie. Ces nouvelles parlent d’identité et d’altérité et du choc de la rencontre de deux cultures différentes. Le narrateur découvre l’Autre et donne vie aux femmes de l’Algérie du XIXe siècle. La femme orientale est au cœur du texte et suscite le désir du narrateur dans ces deux contes rassemblés sous le titre de « Contes grivois » en 2004. Le narrateur de Marocca écrit : « On sent, dès les premiers jours, une sorte d'ardeur frémissante, un soulèvement, une brusque tension des désirs, un énervement courant au bout des doigts, qui surexcitent à les exaspérer nos puissances amoureuses et toutes nos facultés de sensation physique […]. » Ici les femmes n’inspirent pas l’amour mais le désir, elles sont des objets sexuels. Elles sont d’une beauté rare, elles sont impudiques, capricieuses, sensuelles. Elles ont un besoin d’amour insatiable, mais elles n’appartiennent à personne, elles sont libres, alors que le narrateur devient esclave de son désir pour elles. Cette excitation des sens rend l’homme esclave des plaisirs de chair, elle le ramène à des désirs primitifs, elle l’ « embestialise » comme le souligne Maupassant. La femme orientale envoûte, ensorcelle le narrateur. Il devient « hanté par ce goût de la femme ». Il n’est plus maître de lui. Abstract The short stories Allouma and Marocca by Guy of Maupassant depict the encounter between an oriental woman and a French colonist in Algeria. The short stories talk about identity and otherness, and the clash between two different cultures. The narrator discovers the Other and gives life to the women of 19th century Algeria. The Eastern woman is at the core of the text and elicits the narrator’s desire in these two tales gathered under the title “Bawdy Tales” in 2004. The narrator of Marocca comments: “We feel, from the very first days, a kind of quivering ardor, a rising, an abrupt tension of desires, an irritation running to the tip of the fingers, which over-stimulate our loving powers and all our faculties of physical sensation until they are drained […].” Here the women do not inspire love but desire, they are sexual objects. They are of a rare beauty, capricious, sensual. They have an insatiable need for love, but they do not belong to anybody, they are free, while the narrator becomes enslaved to his desire for them. This stimulation of the senses turns the narrator into a slave of the sexual encounter, it brings him back to his primitive desires, it “turns him into a beast” as Maupassant underlines it. The oriental woman casts a spell on the narrator. He becomes “haunted by this taste of the woman”. He can no longer control himself. |