La femme comme énigme : étude des œuvres de Gustave Moreau, Œdipe et le Sphinx, Le Sphinx vainqueur, Œdipe voyageur et de la pièce de Maurice Maeterlinck, Pelléas et MélisandeIsabelle BUATOIS (Université de Montréal)Résumé Dans cet article, nous étudierons la représentation de la femme comme énigme dans la peinture et la littérature de la fin du XIXe siècle, en prenant pour exemple trois tableaux de Gustave Moreau, Œdipe et le Sphinx, Le Sphinx vainqueur, Œdipe voyageur ainsi qu’une pièce de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande. Nous tenterons de montrer comment cette représentation fait surgir le sacré et répond à la quête de spiritualité des deux artistes. Notre analyse mettra en évidence les rapports entre cette représentation de la femme et la conception d’un art énigmatique. Nous verrons que toute tentative de résolution de l’énigme, et par conséquent de compréhension des œuvres étudiées, conduit le spectateur à un travail de dévoilement. Or, c’est par le regard, à la fois des protagonistes et des spectateurs, que l’œuvre et son mystère pourront être dévoilés, quand ce regard fait surgir l’invisible du visible. Abstract In this article we study the representation of women as an enigma in late 19th century painting and literature. We use the example of three paintings by Gustave Moreau, Œdipe et le Sphinx, Le Sphinx vainqueur, Œdipe voyageur and Maurice Maeterlinck’s play Pelléas et Mélisande. We aim to show how this type of representation of women illustrates the concept of sacredness and the spiritual quest of the two artists. Our analysis identifies the links between this representation and enigmatic art. We observe that the attempt to solve the enigma – and in consequence to understand the works – requires that the spectator removes himself or herself, the veil. Indeed, it is through the protagonists and the spectator’s eyes that the work and its mystery can be unveiled, in that the invisible appears through the visible. |