Jouer avec les motsVéronique LAMONTAGNE (Université de Montréal)Résumé La littérature comparée, en tant que discipline, est difficile à définir même pour ceux qui sont concernés au premier chef. Les objets d’étude des chercheurs en littérature comparée sont si diversifiés et parfois si éloignés les uns des autres qu’on se demande si « littérature comparée » n’est pas un terme générique créé pour classer les inclassables. Pourtant, il semble qu’une approche partagée rassemble ceux qui se placent sous l’égide de la littérature comparée comme discipline. Catherine Coquio, dans un ouvrage collectif portant sur cette problématique, affirmait que la littérature comparée est « quelque chose entre une science et un art: un art de savoir. » Hermann Hesse, dans Das Glasperlenspiel, a créé un jeu qui ressemble étrangement à un « art de savoir ». Tel que pratiqué dans la « province pédagogique » de Castalie, le Jeu des Perles de Verre, tout en abstraction et en analogies, est une expérience esthétique autant que la mise en forme d’un savoir. Autour de ce jeu se développe une communauté qui semble fonctionner à merveille et à laquelle tous sont dévoués. Pourtant, il y a quelque chose qui cloche en Castalie, comme en témoigne le parcours du personnage principal, Joseph Knecht. On veut croire à la beauté du jeu, mais sans cesse, des éléments viennent nous rappeler que la vie n’est pas toujours une expérience esthétisée. Et en bout de ligne, Hesse nous laisse avec une question sans réponse : le jeu en vaut-il vraiment la chandelle? À l'aide de textes sur le jeu de Gadamer, Caillois, Huizinga et quelques autres, j'élaborerai ici une réflexion sur le ludique dans tout ce qu'il a de plus noble, dans ce qu'il implique d'éducation et de transcendance de soi. Abstract
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